Quelles races de chien demandent le moins d'entretien ?
Trois nuisances différentes sont constamment confondues : perdre ses poils, provoquer une allergie, et baver. Une race peut être irréprochable sur l'une et catastrophique sur les deux autres.
Chercher une race de chien qui ne perd pas ses poils, une race de chien hypoallergénique ou un chien qui ne bave pas revient à poser trois questions distinctes, qui n'ont ni les mêmes réponses ni les mêmes solutions. Le poil relève de la mue, l'allergie relève d'une protéine de la salive, la bave relève de la forme des babines.
Cette page les traite séparément, puis chiffre ce que coûte réellement un chien dont le poil ne tombe pas, ce qui est presque toujours la contrepartie du confort recherché.
Trois nuisances à ne pas confondre
Aucune race ne perd zéro poil : les races dites sans perte, comme le Caniche, le Bichon frisé ou le Coton de Tuléar, ont un poil à croissance continue qui ne tombe pas au sol mais reste pris dans la toison. Le poil ne disparaît pas, il change de destination. Ces races n'encrassent pas le canapé, mais elles exigent un brossage régulier et un toilettage professionnel toutes les six à huit semaines.
Ce qui provoque réellement une allergie
L'allergène principal du chien n'est pas le poil : c'est une protéine, désignée Can f 1, produite dans la salive et les sécrétions cutanées. Elle se dépose sur les squames, ces micro-fragments de peau morte, qui se dispersent ensuite dans l'air et se fixent sur les textiles. Le poil ne joue qu'un rôle de transport.
C'est pourquoi une race à poil qui ne tombe pas diffuse moins d'allergènes dans un logement : elle libère moins de squames dans l'air ambiant. Mais elle en produit, et une personne très sensible réagira quand même.
La mue et le sous-poil
Un chien à double couche possède un poil de couverture et un sous-poil dense et laineux. Ce sous-poil se renouvelle massivement deux fois par an, au printemps et à l'automne, et cette mue saisonnière produit les quantités de poils qui frappent les nouveaux propriétaires. Les races du Nord et les bergers à poil long, Husky, Berger Allemand, Berger Australien, Bouvier Bernois, en sont les représentants les plus spectaculaires.
Un chien à poil ras sans sous-poil, comme le Dobermann ou le Boxer, perd peu en volume mais de manière continue toute l'année, avec des poils courts et raides qui se plantent dans les tissus et se retirent mal.
La bave
Elle ne dépend ni du poil ni du gabarit mais de la conformation de la tête. Les races à babines lâches et à lèvre supérieure tombante ne retiennent pas la salive : elle s'accumule dans les replis puis se libère au moindre mouvement de tête. C'est une caractéristique anatomique permanente, pas un signe de gourmandise.
Un chien qui ne perd pas ses poils ne les perd pas dans le salon : il les perd chez le toiletteur, toutes les six à huit semaines.
Les races qui ne perdent pas leurs poils
Les huit races ci-dessous ont un poil à croissance continue, sans mue saisonnière marquée. Toutes réclament en échange un entretien professionnel régulier : c'est le marché, et il n'y a pas d'exception.
Les ordres de grandeur cités pour le toilettage correspondent à une séance complète en salon, bain, séchage et coupe compris. Ils varient fortement selon la région, la taille du chien et l'état du poil à l'arrivée.
Huit races à poil qui ne tombe pas
En contrepartie, toutes demandent un entretien régulier chez un professionnel.
01
Caniche
Poil bouclé à croissance continue, sans mue, décliné en quatre tailles du toy au grand. Toilettage toutes les six à huit semaines, coût moyen selon la taille et la coupe. La race la plus souvent recommandée aux foyers sensibles aux poils, et l'une des plus faciles à éduquer.
02
Bichon frisé
Poil bouclé et dense, mue négligeable. Brossage plusieurs fois par semaine pour éviter les nœuds au ras de la peau, et toilettage toutes les six à huit semaines. Le poil blanc marque les coulées lacrymales, qu'il faut nettoyer régulièrement.
03
Coton de Tuléar
Poil cotonneux, léger, sans sous-poil dur. Il ne tombe pas mais feutre très vite : un brossage sérieux plusieurs fois par semaine est indispensable, sous peine de devoir tondre à ras. Race robuste et remarquablement longévive.
04
Yorkshire Terrier
Poil long, fin et soyeux, de structure proche du cheveu, sans mue. Entretenu long, il demande un brossage quotidien ; entretenu en coupe courte, il devient l'une des races les plus simples à vivre. Petit format, donc toilettage parmi les moins chers.
05
Schnauzer
Poil dur qui ne tombe pas mais qui doit être épilé à la main, technique appelée stripping, plutôt que tondu : la tonte ramollit le poil et ternit la robe. Trois tailles disponibles. Barbe et moustache retiennent l'eau et la nourriture, à rincer souvent.
06
Bedlington Terrier
Poil bouclé et laineux, sans mue, sur une silhouette d'agneau très reconnaissable. Toilettage spécifique demandant un professionnel habitué à la race. Sous cette allure douce se cache un terrier, avec le tempérament correspondant.
07
Shih Tzu
Poil long à croissance continue, sans mue franche. Entretenu long, il exige un brossage quotidien ; la coupe courte dite chiot est le choix de la grande majorité des foyers. Yeux proéminents à surveiller et à nettoyer.
08
Chien d'eau portugais
Poil bouclé ou ondulé, imperméable, sans mue saisonnière. Toilettage régulier obligatoire. C'est en revanche un chien de travail énergique, sportif et exigeant : il n'a rien d'un chien de compagnie tranquille, et ce point pèse plus que son poil.
Les races dites hypoallergéniques
Il faut le dire nettement : aucune race de chien n'est hypoallergénique au sens strict. Toutes produisent Can f 1 dans leur salive et leurs sécrétions cutanées. Le terme, employé sans définition officielle, recouvre en réalité une seule chose utile : les races qui dispersent moins d'allergènes dans un logement, parce qu'elles libèrent moins de squames dans l'air.
Les races le plus souvent mieux tolérées sont celles à poil à croissance continue : Caniche, Bichon frisé, Bichon maltais, Coton de Tuléar, Yorkshire Terrier, Schnauzer, Chien d'eau portugais, Bedlington Terrier. On y ajoute parfois les races nues, comme le Chien chinois à crête, dont l'absence de poil ne supprime pas l'allergène mais en modifie la diffusion.
La méthode de vérification
La sensibilité allergique est individuelle : elle varie d'une personne à l'autre et, pour une même personne, d'un chien à l'autre au sein d'une même race. Le seul test valable se fait sur des animaux réels.
Passer plusieurs heures, à plusieurs reprises et à quelques jours d'intervalle, chez un particulier ou un éleveur possédant des adultes de la race envisagée.
Rester en intérieur, fenêtres fermées, y compris assis dans un canapé où le chien dort. Une visite de dix minutes en plein air ne prouve rien.
Consulter un allergologue avant l'achat si une allergie est déjà connue dans le foyer, et faire tester la personne concernée.
Ce qui réduit réellement les allergènes
Chambre interdite au chien, textiles lavables, aspirateur à filtration fine, aération quotidienne, et brossage effectué à l'extérieur par une personne non allergique. Ces mesures ont un effet mesurable, bien plus fiable que le choix de la race à lui seul.
Avant de vous engager
Une réaction allergique se déclare rarement en dix minutes en plein air. Testez en intérieur, plusieurs fois, sur des chiens adultes de la race envisagée. Un chiot produit moins d'allergènes qu'il n'en produira à trois ans.
Les races qui ne bavent pas
La bave dépend de la forme des babines, autrement dit des lèvres. Une lèvre supérieure longue et lâche, qui déborde de la mâchoire, ne referme pas la cavité buccale : la salive s'y accumule et se projette au moindre mouvement de tête, sur les murs, les vitres et les invités.
Les races qui bavent beaucoup
Saint-Bernard, Terre-Neuve, Mastiff, Dogue de Bordeaux, Bullmastiff, Chien de Saint-Hubert, Boxer, Léonberg, Dogue Allemand, Basset Hound. Chez ces races, la bave n'est pas un problème à résoudre : c'est une caractéristique permanente de la conformation, à accepter ou à écarter avant l'achat.
Les races à babines sèches
À l'inverse, les races à lèvres serrées ne bavent qu'occasionnellement, dans les situations qui déclenchent la salivation chez tous les chiens : forte chaleur, stress, transport, attente d'un repas.
Les lévriers : Whippet, Greyhound, Barzoï, Saluki.
Les bergers de conduite : Border Collie, Berger Australien, Berger des Shetland, Berger Belge.
Les races de compagnie à museau normal : Caniche, Bichon, Coton de Tuléar, Papillon.
Les races primitives : Basenji, Shiba Inu, Spitz.
Un mot sur les brachycéphales : le Carlin et le Bouledogue français bavent modérément, mais leur respiration bruyante et leur salivation à l'effort ou à la chaleur produisent une gêne d'un autre ordre, à ne pas confondre avec la bave des molosses.
Le vrai coût du toilettage
C'est la ligne budgétaire que personne n'anticipe, et elle court sur toute la vie du chien.
Ce que comprend une séance
Un toilettage complet comprend le démêlage, le bain, le séchage, la coupe ou l'épilation, la coupe des griffes et le nettoyage des oreilles. Le tarif dépend de trois facteurs : la taille du chien, le type de poil, et l'état dans lequel il arrive. Un chien feutré demande une tonte à ras et se facture nettement plus cher, quand il n'est pas refusé.
Le rythme annuel
Une race à poil à croissance continue demande six à huit passages par an, soit un toutes les six à huit semaines. Sur douze ans de vie, cela représente quatre-vingts à cent séances. C'est ce calcul, et non le prix d'une séance isolée, qui doit entrer dans la décision.
Ce qui peut se faire à la maison
Le brossage : oui, et il est même indispensable entre deux séances. C'est lui qui détermine si le passage au salon sera une coupe ou une tonte de sauvetage.
La coupe des griffes : oui, avec une pince adaptée et à condition d'apprendre où s'arrête la partie vivante de la griffe.
Le bain : possible, avec un shampooing pour chien, jamais un produit humain dont le pH ne convient pas à la peau canine. Le séchage complet est le point difficile sur un poil dense.
La coupe et l'épilation : non. Une tonte mal conduite abîme durablement la structure du poil de certaines races, et le stripping du Schnauzer est un geste technique.